Commission socio-culturelle du personnel des Nations Unies Society of Writers



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United Nations Staff Socio-Cultural Commission

Commission socio-culturelle du personnel des Nations Unies

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Society of Writers

Société des écrivains

Ex Tempore
__________________________________________________________
An International Literary Journal

Volume XIII - December 2002
Revue littéraire internationale

Volume XIII - décembre 2002

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United Nations, Geneva

Nations Unies, Genève

Table des matières/Contents
Impressum 4
Prologue 5
Essais/Essays/Ensayos
. Picasso is a cannibal (Nedd Willard) 11

. Curtains for the Che (Nedd Willard) 12

. Le Secret de Harlem et le Secret du Monde (Claude Citon) 14

. La dépossession (Luce Péclard) 22

. Pluies de feu (Luce Péclard) 23


Aphorisms/Aphorismes/Aforismos

. Random Annotations (Nedd Willard) 26

. 1-2-3 Impromptus (AdeZ) 27

. Réflexions (Bernard Bouvier) 34

. Pensamientos (Rosa de Cabrera) 35
Nouvelles/Short Stories/Cuentos
. Milton, Australia ; Part I, Chapter I (Sylvia Petter) 38

. Train de nuit (Roger Chanez) 41

. Dos músicos (Luis Alejandro González) 42

. Rosarios (Noemy Barrita Chagoya) 44

Théâtre/Theatre
. Alloy (Aline Dedeyan) 47

. Pastorale (Karin Kaminker) 51

. Act III, Scene II (Ron Neal) 55
Pages poétiques/Poetry/Poemas
. Sonnet on Parting, Remembering (Boris Grigoriev) 58

. Fleurs blanches, Blessed (Sou Fung Ying Truong) 60

. Le Temps Splendide, Ainsi soit le temps (Alex Caire) 63

. Audience, She-Worthy (Karin Kaminker) 68

. Our Swords are Made of Tin, The Sailor’s Prayer (Nedd Willard) 69

. Together, Unity, Very Old Love (Zeki Ergas) 70

. Bird, A Single Grey Heron (Peter Grimsditch) 72

. Poems for Peace (AdeZ) 74


. To Colin Powell (Leslie Jones) 76

. White, Ring (Rafael Rodriguez) 77

. Something wanting to be said, Window dressing,

Hymne au soleil (Ray Barry) 78

. Farewell (Ngozi Ibekwe) 80

. Le pauvre chevalier, Un jour viendra (Bernard Bouvier) 81

. Tellement vrai, Le cœur en quête (Abderrahman Mattou) 82

. Un rêve de Liberté (Michaud Michel) 84

. Oiseau, Comment naissent les hommes,

Implosion (Charles P. Marie) 85

. L’homme vêtu de lin, l’issue (Luce Péclard) 87

. Rêverie au Parc de la Grange,

Le message (Roger-Alexandre Chanez) 88

. Pays, Il cogne (Laurent Collet) 89

. Quatorze Moments Musicaux (Roger Prevel) 90

. Liberté, Espoir, La fuite révélée (Jeanne Salfati-Valentin) 97

. Le Temps (Béatrice Schmidt) 99

. J’appelle frère, L’Aurore (Nguyen Hoang Bao Viet) 100

. A mon père (Ivaylo Petrov) 103

. Cuando el minutero, Los ojos de Jimena (Noemy Barrita Chagoya) 104

. Crisálida, Por el resto del camino, Fragmentos, Quisiera ser de tí

(Luis Alfredo Aguilar Contreras) 106


. Ni con las uñas (Felipe Damian Plumley Böhm) 108

. Tu indiferencia, Sabes Amar? Interrogantes, A ti (Rosa de Cabrera) 109

. Subversión (Murilo Vieira Komniski) 111

. Hercule, Zeitgeist, Liebestraum, Feuertage (Johann Buder) 112

. Neubeginn, Der Wind (Dorith Fohry) 115
Humour/humor
. La Danse du Tchador (Paule Rey) 118
Translations/Traductions
. Poésie, by Anna Akhmatova (translated by Alexis Koutchoumow) 123

. Larenopfer, by Rainer Maria Rilke (translated by AdeZ) 124
In Memoriam 151

United Nations

Staff Society of Writers

President: Alfred de Zayas
Vice-President: Abderrahman Mattou
Secretary: Pierre Jourdan
Treasurer: Rosa de Cabrera
Editorial Board: Ximena Böhm

Simone Bouilleu

Rosa de Cabrera

Aline Dedeyan

Karin Kaminker

Conchita de Ory

Roger Prevel

Jeanne Salfati-Valentin

Janet Weiler
Honorary President: Sergei Ordzhonikidze

This is the thirteenth issue of Ex Tempore, which has been published since 1989. We are grateful to all who helped us make this number possible, and invite all members of the UN family, staff, retirees, members of the diplomatic corps, press corps, ngo-community, consultants, fellows and interns to become our readers and supporters.

The Editorial Board is proud to publish in this thirteenth issue contributions from thirty-eight authors, in Arabic, Chinese, English, French, German, Russian, Spanish and Vietnamese. For its thirteenth issue, the editors welcome the submission of crisp, humorous or serious prose and poetry. Essays, short stories, science fiction, plays, poems, reflections or epigrams may be forwarded to Alfred de Zayas, 23 Crêts de Pregny, CH-1218 Grand Saconnex, in electronic form: zayas@bluewin.ch.
Ex Tempore is not an official United Nations publication and responsibility for its contents rests with the Editorial Board and with the respective authors. The final choice is made on the basis of literary merit and appropriateness to a publication of this kind.
Copyright: the copyright in all works remains with the author. Contributors are free to submit their manuscripts elsewhere.
Financial donations to assist Ex Tempore with its expenses and membership fees (SF 30 per year) may be forwarded to account No. CA-100.855 at the UBS, Palais des Nations, United Nations, Geneva.
Couverture/Cover: Diego Oyarzún-Reyes

Illustrations : Martin Andrysek, Nedd Willard

PROLOGUE

L’art pour l’art ?1 Est-ce que cela existe ?

Peut-on être un poète tout à fait apolitique comme Rainer Maria Rilke ? Or, était-il vraiment apolitique ? Il quitta tout de même son pays natal - la Tchécoslovaquie – et, plus tard, sa patrie culturelle l’Autriche et l’Allemagne pour s’installer en Suisse, à Sierre en Valais, où il mourut en décembre 1926 et fut enterré à Rarogne . . . . si loin de son Prague natal. Or, on peut se demander si son exil correspondait à une expression politique ?

Peut-on être romancier et poète, plutôt apolitique, comme Hermann Hesse 2?
« Wie jede Blüte welkt und jede Jugend

dem Alter weicht, blüht jede Lebensstufe,

blüht jede Weisheit auch und jede Tugend

zu ihrer Zeit und darf nicht ewig dauern…»


Hesse - lui aussi - avait quitté son pays natal, l’Allemagne, pour aller vivre en Suisse, au Tessin. Devenu citoyen suisse, il mourut à Montagnola en 1962.
La création artistique, doit-elle être considérée comme apolitique ? La philosophie et la métaphysique sont-elles de droite ou de gauche ? L’homme ou la femme écrivain, peuvent-ils être actifs politiquement pendant que leurs oeuvres restent apolitiques ?
A droite on peut penser à quelques œuvres du comte Joseph Arthur de Gobineau (1816-1882), de Houston Stewart Chamberlain (1855-1927), d’Ezra Pound (1885-1972), de Miguel de Unamuno y Jugo (1864-1936) ou d’Ayn Rand (1905-1982)3 ? A la rigueur on pourrait y inclure Céline (pseudonyme de Louis-Ferdinand Destouches, 1894-1961), ou même André Malraux (1901-1976).
A gauche – la liste serait bien plus longue ! – on évoquerait les œuvres de Franz Werfel (1890-1945), de Bertolt Brecht (1898-1956), de George Orwell (pseudonyme d’Eric Blair, 1903-1950), de Federico García Lorca 1899-1936), de Pablo Neruda4, de Gabriel García Marquez, d’Octavio Paz (1914-), de Mario Vargas Llosa (1936-), d’Ernest Hemingway (1899-1961), d’Albert Camus (1913-1960), de Jean-Paul Sartre (1905-1980), de Günter Grass et encore Maxime Gorki (1868-1936) .

Exite-t-il un chaos créatif  ou autrement dit, le chaos est-il un élément constitutif de la créativité ? On le rencontre souvent dans les débordements de l’inspiration, dans le feu de la création. Surtout en poésie, on est souvent surpris par des images, des métaphores qui semblent surgir du hasard, lancées par une sorte de génération spontanée. Mais, en principe, il n’y a jamais de chaos dans la littérature mais, au contraire, une exigence inéluctable d’ordre et de forme.

En prose comme en poésie, c’est justement l’esthétique, voire l’harmonie des structures de mots, de phrases, de sons et d’espace qui interpellent le lecteur et non pas le chaos. Idées qui évoluent, répétitions subtiles, caractérisation, rimes, tous ces éléments s’imbriquent et se conjuguent pour créer de la littérature. Cela ressemble à la musique – principalement mais pas exclusivement – à la musique classique -- où formes et répétitions forment un ensemble permettant la jouissance de la mélodie, des rythmes, des mouvements d’une symphonie ou d’une sonate de piano, par exemple.
Bien entendu, il est des écrivains chez lesquels le chaos créatif est plus évident, chez – par exemple le Prix Nobel Günter Grass (2001), qui nous raconte plusieurs histoires à la fois -- et on ne sait pas toujours où l’on en est. Mais il est d’autres écrivains chez qui on admire non seulement l’imagination mais aussi le bien-fondé et l’ordre de la pensée, la caractérisation et le développement psychologique, comme chez Thomas Mann5 ou chez Goethe, par exemple.
Pourtant, la politique nous accompagne partout, puisque la politique est la gestion pratique d’une philosophie de vie, du travail, de l’économie, de la famille, etc. Par conséquent, la politique s’exprime aussi dans la littérature. Nous connaissons un grand nombre d’écrivains qui utilisent leur écriture à des fins politiques comme George Orwell, Bertolt Brecht et Ayn Rand. Il en est d’autres qui ont leurs propres idées politiques mais qui ne les utilisent que très rarement dans leurs écrits.

En fin de compte, les étiquettes de droite et de gauche ne nous offrent pas grand-chose. Parfois, un auteur nous semble plutôt de droite ou plutôt de gauche, mais les idées, comme les hommes et les femmes, évoluent toujours. Par exemple, dans sa jeunesse, André Malraux se battit contre Franco en Espagne et, à l’âge mûr, il servit en France le gouvernement du Général de Gaulle.

Le Prix Nobel Günter Grass (2001) a toujours été un auteur très politique – tant dans ses écrits que dans ses activités publiques. Il écrivit des discours pour Willy Brandt et pour Gerhard Schröder. Ses œuvres « Blechtrommel »  et « Im Krebsgang » (2002) sont également des œuvres de caractère tout à fait politique, pleines de dialogues politiques.

Thomas Mann, Prix Nobel lui aussi, n’explora qu’occasionnellement ses positions politiques, bien qu’il fut aussi un homme engagé. Il dut quand même quitter son pays, l’Allemagne afin de s’installer aux Etats Unis, dont il a reçu la nationalité en 1946. Ensuite, il rentra en Europe et prit résidence à Kilchberg, sur le Lac de Zurich, en Suisse. Ainsi, comme beaucoup d’autres artistes et écrivains, il choisit la vie d’exilé.


En littérature, il est peut-être peu de dialogues aussi politiques que ceux existant entre le pédagogue libéral Settembrini et le jésuite radical Naphta, dans « Zauberberg» . Tout cela pour enseigner la philosophie politique à un jeune homme qui s’appellait Hans Castorp ! Pour revenir un instant sur son œuvre, « Betrachtungen eines Unpolitischen », écrite à la fin de la première guerre mondiale, il s’exprimait de façon très politique :

« Die deutsche Selbstkritik ist eine besondere, von der anderer Völker , wie es immer wieder scheinen will, wesentlich verschiedene... die Tatsache besteht, dass die deutsche Selbstkritik schnöder, bösartiger, radikaler, gehässiger ist, als die jedes anderen Volkes, eine schneidend ungerechte Art von Gerechtigkeit, eine zügellose, sympathielose, lieblose Herabsetzung des eigenen Landes nebst inbrünstiger, kritikloser Verehrung anderer, sagen wir zum Beispiel des edlen -- nein, das ist nicht ironische  Abwehr! – des zweifellos sehr edlen Frankreich: ein Ausdruck des Ekels – des Selbstekels, nicht zu vergessen! -- welcher Generosität, Freiheit, Kühnheit, Tiefe, jeden erdenklichen sittlichen Vorzug bedeuten mag, aber den man als klug, als pädagogisch in Bezug auf den anderen, als politisch also, unmöglich ansprechen kann.... »6

Après la deuxième guerre mondiale, Mann écrivit également une fameuse allocution, qu’il présenta le jour de son 70e anniversaire à Washington, D.C. : «Deutschland und die Deutschen ». S’agissait-il de la littérature ? Bien sûr que oui ! Authentique et tout à fait politique. Une superbe analyse ni de droite, ni de gauche, mais justement du bon sens au centre :
« Die zur Politik berufenen und geborenen Völker wissen denn auch instinktiv die politische Einheit von Gewissen und Tat, von Geist und Macht wenigsten subjektiv immer zu wahren; sie treiben Politik als eine Kunst des Lebens und der Macht, bei der es ohne den Einschlag von Lebens-nützlichen-Bösem und allzu Irdischem nicht abgeht, die aber das Höhere, die Idee, das menschheitlich-Anständige und Sittliche nie ganz aus den Augen lässt: eben hierin empfinden sie ‚politisch’ und werden fertig mit der Welt und mit sich selbst auf diese Weise. Ein solches auf Kompromiss beruhendes Fertigwerden mit dem Leben erscheint dem Deutschen als Heuchelei. Er ist nicht dazu geboren, mit dem Leben fertig zu werden, und er erweist seine Unberufenheit zur Politik, indem er sie auf eine plump ehrliche Weise missversteht. » 7
Et pour finir, par contraste, un mot sur son frère aîné Heinrich Mann, l’auteur des romans « Der Untertan » et « Professeur Unrat » (der Blaue Engel) – deux critiques sociales assez sauvages et certainement de gauche.

Et maintenant, on pourrait se référer à cet enfant du Tessin, Hermann Hesse, qui vécut quarante ans, la moitié de sa vie, en Suisse. Il y est enterré à Montagnola, près de Lugano. Lui, il était un pacifiste, préoccupé par le dualisme humain ; donc vie active et contemplative. Il s’intéressait bel et bien à la politique – plutôt de gauche – mais ses oeuvres, comme les œuvres de Thomas Mann, ne sont ni de droite ni de gauche.

Ce qui compte, c’est surtout la liberté de la création artistique, la liberté de la recherche, de la pensée et de l’expression. Ces libertés sont indispensables à la démocratie et se basent sur le principe de la dignité humaine, de l’égalité de tout un chacun, du respect des autres. Dans le marché des idées (marketplace of ideas), on doit avoir le droit de se tromper (the right to be wrong), on doit avoir le droit de se perdre et de se retrouver. Les catégories de droite et de gauche ne sont pas si importantes – c’est la maîtrise de la langue et de la forme qui nous permet de parvenir à la beauté.
En tant qu’hispanophone, j’aimerais aussi faire allusion à l’un de mes auteurs préférés, un très grand écrivain argentin, Jorge Luis Borges (1899-1986), qui vécut longtemps en Suisse, lui aussi exilé, qui est mort et fut enterré à Genève. Dans son « Arte poética» il nous rappelle:

« Mirar el río hecho de tiempo y agua

y recordar que el tiempo es otro río,

saber que nos perdemos como el río

y que los rostros pasan como el agua…
A veces en las tardes una cara

nos mira desde el fondo de un espejo ;

el arte debe ser como ese espejo

que nos revela nuestra propia cara.


Cuentan que Ulises, harto de prodigios,

lloró de amor al divisar su Itaca

verde y humilde. El arte es esa Itaca

der verde eternidad, no de prodigios … »


Voilà un grand poète hispano-américain, ni de droite ni de gauche, mais ouvert à tous. Exemple d’une création ordonnée, utilisant les rimes, libre comme un oiseau, et sans la tentation du chaos. Car, si le chaos ne peut en tout état de cause générer de l’art, c’est bien l’art qui seul peut transformer un tel chaos en beauté, lui donner un sens. On peut appeler cela le miracle artistique, la preuve de l’amour de l’art pour l’art.

© Alfred de Zayas(UNOG) Secrétaire-général, Centre P.E.N. de la Suisse romande
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