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SOUS LA DIRECTION DE

Marc-Adélard Tremblay (1922 - )

Anthropologue, professeur retraité de Université Laval
(1976)

Les facettes de


l’identité amérindienne
The Patterns of “Amerindian” Identity

SYMPOSIUM SUR LES AMÉRINDIENS

Montmorency, Qc., octobre 1974.

Un document produit en version numérique par Gemma Paquet, bénévole,

professeure de soins infirmiers retraité du Cégep de Chicoutimi

Courriel: mgpaquet@videotron.ca



Page web personnelle.
Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"

Site web: http://www.uqac.ca/Classiques_des_sciences_sociales/


Une collection développée en collaboration avec la Bibliothèque

Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi

Site web: http://bibliotheque.uqac.ca/



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Jean-Marie Tremblay, sociologue

Fondateur et Président-directeur général,

LES CLASSIQUES DES SCIENCES SOCIALES.
Cette édition électronique a été réalisée par Gemma Paquet, bénévole, professeure de soins infirmiers retraitée du Cégep de Chicoutimi à partir de :
Sous la direction de Marc-Adélard Tremblay (1922 - )
LES FACETTES DE L’IDENTITÉ AMÉRINDIENNE. THE PATTERNS OF “AMERINDIAN” IDENTITY.
Symposium, sur les Amérindiens. Montmorency, Octobre 1974. Sainte-Foy, Qc : Les Presses de l’Université Laval, 1976, 316 pp.

M Marc-Adélard Tremblay, anthropologue, retraité de l’enseignement de l’Université Laval, nous a accordé le 4 janvier 2004 son autorisation de diffuser électroniquement toutes ses oeuvres.


Courriel : matrem@microtec.net ou matremgt@globetrotter.net

Polices de caractères utilisée :

Pour le texte: Times New Roman, 12 points.

Pour les citations : Times New Roman 10 points.

Pour les notes de bas de page : Times New Roman, 10 points.
Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Microsoft Word 2008 pour Macintosh.
Mise en page sur papier format : LETTRE (US letter), 8.5’’ x 11’’)
Édition numérique réalisée le 13 septembre 2009 à Chicoutimi, Ville de Saguenay, province de Québec, Canada.

Marc-Adélard Tremblay (1976)


LES FACETTES DE L’IDENTITÉ AMÉRINDIENNE. THE PATTERNS
OF “AMERINDIAN” IDENTITY.

Symposium, sur les Amérindiens. Montmorency, Octobre 1974. Sainte-Foy, Qc : Les Presses de l’Université Laval, 1976, 316 pp.

Table des matières




Conférenciers et panélistes

Remerciements / Acknowledgements

Note de l'éditeur / Editor's note
Première séance.

Sous la présidence de Marc-Adélard Tremblay

Richard Arès : Les Nouvelles Prises de conscience. [pp. 3-5 de l’édition papier.]

D'Arcy McNickle : The Surfacing of Native Leadership. [pp. 7-15 de l’édition papier.]

Henri Dorion : Contribution à une géopolitique des Amérindiens du Canada. Discussion. [pp. 17-34 de l’édition papier.]

Doug Elias : Indian Politics in the Canadian Political System [pp. 35-61 de l’édition papier.]

Second Session.

Under the chairmanship of Richard Salisbury
Lloyd I. Barber : Indian Land Claims and Rights. [pp. 65-80 de l’édition papier.]

Louis-Edmond Hamelin : Manifestations amérindiennes de caractère politique dans les Territoires-du-Nord-Ouest. [pp. 81-106 de l’édition papier.]

R.W. Dunning : Some Speculations on the Canadian Indian Socio-Political Reality. [pp. 107-130 de l’édition papier.]
Third Session

Under the chairmanship of Fred Carrothers
Douglas A. Schmeiser : The Native Offender in Canada. [pp. 133-151 de l’édition papier.]

Roger Pothier : Quelques caractéristiques des relations entre les communautés indiennes, la société québécoise et l'anthropologie : l'expérience des années récentes. [pp. 153-166 de l’édition papier.]

Charles S. Brant : Indigenous Eskimo Traditions and the Development of Modern Eskimo Societies. [pp. 167-185 de l’édition papier.]
Quatrième séance

Sous la présidence de Raphaël Picard
Andrew Delisle, Jacques Kurtness, Léonard Paul et Raphaël Picard : Table ronde sur l'éveil amérindien / Round Table on the « Amerindian » Awakening. [pp. 189-215 de l’édition papier.]


Cinquième séance.

Sous la présidence de Monique Savoie

Gilles Larochelle : L'Habitation contemporaine chez les Inuit : le cas des Puvirniturmiut. [pp. 219-236 de l’édition papier.]

David Stymeist : Indian Health in the North. [pp. 237-278 de l’édition papier.]

O. Schaeffer : Socio-Cultural Change and Health in Canadian Inuit. [pp. 279-300 de l’édition papier.]

Marc-Adélard Tremblay : La Vision du futur. [pp. 301-305 de l’édition papier.]


Inscriptions

Les facettes de l’identité amérindienne.


Conférenciers et panélistes

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Arès, Richard, s.j., président de l'Académie des lettres et des sciences humaines de la Société royale du Canada

Barber, Lloyd, Indian Claims Commissioner for Canada, Saskatoon

Brant, Charles, Department of Sociology and Anthropology, Sir George Williams University

Delisle, Andrew, president, Indians of Quebec Association

Dorion, Henri, directeur du département de Géographie, Université Laval

Dunning, William, Department of Anthropology, University of Toronto

Elias, Doug, Curator, North American Ethnology, Manitoba Museum of Man and Nature, Winnipeg

Hamelin, Louis-Edmond, département de Géographie, Université Laval

Kurtness, Jacques, adjoint à l'exécutif pour l'éducation, Association des Indiens du Québec

Larochelle, Gilles, étudiant de 3e cycle en anthropologie, Université Laval

McNickle, D'Arcy, Director, Center for the History of the American Indian

Paul, Léonard, réserve indienne de Bersimis

Picard, Raphael, étudiant, Université Laval

Pothier, Roger, département d'Anthropologie, université Laval

Schaeffer, Otto, M.D., Director, Northern Medical Research Unit, Edmonton

Schmeiser, Doug, Dean of Law, University of Saskatchewan

Stymeist, David, Department of Anthropology, University of Manitoba

Tremblay, Marc-Adélard, directeur de l'École des gradués, Université Laval

Cet ouvrage a été publié grâce à une subvention du Conseil canadien de recherche en sciences sociales provenant de fonds fournis par le Conseil des arts du Canada.

Ce Symposium sur les Amérindiens était sous la présidence du Dr Claude Fortier de la Société royale du Canada.

Nos droits ont trop de valeur pour se soumettre à toute rhétorique, trop de valeur pour être vendus contre de l'or. Les mots changent, la monnaie varie et peut même disparaître ; notre terre ne disparaîtra pas.


Harold Cardinal dans
The Unjust Society.
Les facettes de l’identité amérindienne.
REMERCIEMENTS
Marc-Adélard TREMBLAY

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L'idée d'organiser un colloque sur les Amérindiens et de le mettre sous le patronage de la Société royale du Canada revient à Louis-Edmond Hamelin, professeur à l'université Laval. Il eut l'idée de m'associer très tôt à son projet de telle sorte que lorsqu'il obtint un congé sabbatique en 1973-1974 pour rédiger un ouvrage sur le Nord, je devins, par la force des choses, seul responsable. Il m'avait, toutefois, assuré avant son départ de la collaboration de quelques-uns de ses collègues nordistes, qui ont tenu parole.

Mes remerciements vont donc d'abord à lui et, ensuite, à la Société royale du Canada qui n'a pas craint d'associer son nom et son prestige à une discussion franche et honnête, sur la place publique, de la question amérindienne. Le défi ne manquait pas d'audace.

Le colloque visait avant tout à favoriser des échanges entre universitaires appartenant à diverses disciplines, fonctionnaires des agences gouvernementales et privées, et membres des communautés indigènes. De par leur formation, de par leur engagement dans diverses sphères d'activités (éducation, santé, études juridiques, langue, marché du travail), de par leur vision de l'intérieur des problèmes sentis et vécus, les conférenciers, les panelistes et les autres participants ont apporté des éclairages nouveaux devant servir à l'élaboration d'une problématique d'ensemble sur l'identité amérindienne. Le colloque n'a pas suscité de recommandations (ce n'était pas son but), mais les divers éléments mis en place peuvent servir à des prises de décision et à des engagements décisifs. Comment alors ne pas signaler la contribution particulièrement riche des conférenciers, des participants à la table ronde et des présidents de séance.

Un colloque de cette envergure nécessite une imposante organisation matérielle et l'appui de dévoués collaborateurs : le major E. H. P. Garneau a assumé tant de responsabilités qu'il serait difficile de les énumérer toutes ; Mme Lorraine Hayward ainsi que Mlle Francine Boucher se sont acquittées des principales tâches du secrétariat avant et pendant le colloque ; mon assistant d'enseignement, l'anthropologue Bernard Lemelin, a rédigé, avec beaucoup de minutie, un résumé pour la plupart des communications et préparé l'esquisse de la conclusion devant être rédigée sur les lieux mêmes pour mieux refléter le climat des discussions ; finalement, le Service de l'audio-visuel de l'université Laval a effectué l'enregistrement des conférences et des débats. Je remercie aussi ma fille Colette, étudiante à Laval, qui a conçu la maquette de la couverture.

Tout colloque suppose une assistance financière : le nôtre ne fait pas exception. La Société royale du Canada, par sa contribution financière dès le printemps 1973, permit un bon départ. Le Conseil des arts du Canada, dans le cadre de son Programme « Conférences », nous a aussi épaulé financièrement. Le Secrétariat d'État nous a octroyé une subvention devant permettre la traduction simultanée du français à l'anglais et de l'anglais au français. Nous exprimons aussi nos remerciements à l'École des gradués de l'université Laval.

Il ne me reste plus qu'un très agréable devoir à remplir. Il s'agit de remercier l'Association des Indiens du Québec et, tout particulièrement, son vice-président, M. Aurélien Gill, d'avoir organisé la table ronde, ce moment historique d'une rare intensité. Comment ne pas les remercier de la confiance manifestée en venant discuter avec nous sur un terrain que nous avons voulu neutre mais chaleureux.

Marc-Adélard Tremblay


Les facettes de l’identité amérindienne.


ACKNOWLEDGEMENTS
Marc-Adélard TREMBLAY

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It was Louis-Edmond Hamelin, Professor at Laval University, who first expressed the idea to organize a symposium on "Amerindians" under the sponsorship of the Royal Society of Canada. From the beginning he was thoughtful enough to involve me in the planning phase so that when the University granted him a leave of absence for 1973-1974 to write a book on the North, I became the sole organizer, almost by default! He had assured me, however, before his departure, that some of his northern studies colleagues would be willing to contribute a paper. They did.

So I would first like to thank him and also the Royal Society of Canada which did not hesitate to associate its reputation and prestige to a public and frank but honest discussion on the "Amerindian" situation. It was quite a challenge to meet.

This symposium had as an objective the encouragement of exchanges between university colleagues belonging to various disciplines, civil servants Of governmental agencies, employees of private corporations and members of the. indigenous communities. Thus, the speakers, the members of the round table and other participants are trained in various disciplines, and engaged in fields such as education, health, law, language, labour relations. With an inside view of every-day problems, they bring new perspectives to the building of an overall theoretical framework on "Amerindian" identity. The symposium has not led itself to the formulation of concrete recommendations-this was not its objective-but the various elements which have been set forth will undoubtedly serve as background materials in decision-making and in decisive involvements. The significant contribution of each of the speakers, panelists and session chairmen cannot go unnoticed.

Such a symposium cannot be held without important material resources and the full support of close collaborators : Major E.H.P. Garneau has undertaken so many different tasks that it would be fastidious to enumerate them ; Mrs. Lorraine Hayward and Miss Francine Boucher have undertaken the main secretarial tasks prior to and during the symposium ; my teaching assistant, anthropologist Bernard Lemelin, has written, with great care, an abstract for most of the papers and has prepared the highlights of the conclusion that had to be finalized during the symposium to reflect better the tone of the discussions ; finally the Audio-visual Service at Laval has been responsible for recording conferences and discussions. I also express my indebtedness to my daughter Colette, a student at Laval, who designed the cover.

Each symposium requires financial support : ours is no exception to that general rule. The Royal Society of Canada early financial contribution gave us a sense of direction. Through its programme on "Conferences, " the Canada Council has provided us with a most useful financial grant. The Secretariat of State through a regular grant has provided us with the facilities for simultaneous translation from French to English and English to French. I express also my debt of gratitude to Laval's Graduate School.

I now have a very pleasant duty to perform, that is to thank the Quebec Indian Association, in particular, its vice-president, Mr. Aurélien Gill, who has organized the round table, a historic moment of a unique intensity. Let us thank, too, our cocitizens the Amerindians, who had confidence in us and came to discuss with us on neutral, but hopefully warm grounds.

Marc-Adélard Tremblay


Les facettes de l’identité amérindienne.


NOTE DE L’ÉDITEUR
Marc-Adélard TREMBLAY


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Il faut expliquer, je crois, le titre donné à ce compte rendu : les Facettes de l'identité amérindienne. Le thème de l'identité est le seul qui semblait pouvoir regrouper l'éventail complet des éléments qui ressortent tant des exposés que des discussions. Ce facteur est si central et si dynamique dans la configuration culturelle de tout groupe qu'il permet à la fois les références au passé et les visions de l'avenir. Au surplus, le concept d'identité établit un pont entre l'individuel et le collectif tout comme il permet une liaison entre différentes collectivités appartenant à la même souche « raciale », même s'il existe entre elles des différences culturelles importantes liées à des traditions ethniques dissemblables.

La notion d'Amérindien diffusée par le regretté Jacques Rousseau est de plus en plus acceptée dans les milieux scientifiques. Présente dans tous ces textes est la recherche des composantes de cette identité qui s'exprime dans tous les secteurs de la vie socio-culturelle, ce que manifeste d'ailleurs la richesse des conférences et des débats.

On peut dire que le groupe amérindien a pris conscience de son identité spécifique non seulement parce qu'il a une image de soi en tant que groupe minoritaire et peuple opprimé mais aussi parce qu'il est en mesure d'exprimer ouvertement ses besoins collectifs sentis et ses aspirations, qu'il est capable de bâtir et de projeter ses visions du futur. En plus de représentations mentales et de sentiments convergents sur l'ensemble de ces éléments culturels qui constituent l'identité, les Amérindiens ont développé, durant la dernière décennie tout particulièrement, une conscience collective très vive de leur situation de dépendance. Cette conscience n'est plus passive mais agissante : elle développe un schéma d'action et d'intervention communes destinées à poursuivre des objectifs réalistes de mieux en mieux définis.

À mon point de vue, et je simplifie à l'extrême, cette conscience acquiert toute son amplitude par ces trois composantes fondamentales que sont les notions de territoires indigènes, de liberté de décision et d'action dans des structures politiques autonomes, de ressources pour le développement. C'est à partir des définitions autochtones de ces trois éléments qu'on en vient à saisir d'une part les nouvelles facettes de l'identité amérindienne, ses essais de formalisation à l'échelle du pays tout entier, et son incarnation dans la quotidienneté. C'est la patiente recherche à laquelle je vous invite.

Marc-Adélard Tremblay

Les facettes de l’identité amérindienne.
EDITOR’S NOTE
Marc-Adélard TREMBLAY

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I have to mention, I think, the reasons for choosing The Patterns of "Amerindian" Identity as the title for the Proceedings of the symposium. It seems to me that it is the only general theme that covers the whole range of elements which stem from the papers and discussion. Identity is a fundamental and dynamic factor in the culture configuration of any group that it allows for historical reconstructions as well for future projections. Conceptually, identity establishes a link between the individual and the collective level. It allows for close links between different ethnic communities belonging to the same "racial" stock even though dissimilar ethnic traditions have led to important cultural differences.

The "Amerindian" concept that the late Jacques Rousseau diffused on a wide scale is increasingly used in scientific circles. I shall attempt here to sketch the main features of this identity that are being translated in all sectors of the socio-cultural activities. The reader will be able to appreciate its multiplex significance in the broad content of the papers and commentaries.

One could say that the "Amerindian" group has become aware of its specific identity not only because it has a self-image of a minority group and of an oppressed people but also because it has acquired the capacity to spell out its collective felt needs and aspirations and plan for their eventual realization. In addition to sharing the symbols and sentiments of these overall cultural elements that constitute the identity, "Amerindians" have acquired, especially during the last decade, a strong collective consciousness of their dependency. This emerging consciousness is active in the sense that it has developed a common action--oriented scheme aimed at realistic and well-defined objectives.

From my own viewpoint, and I simplify a very complex situation, this consciousness acquires its All depth of meaning through three fundamental components : indigenous lands, freedom of decision and action in indigenous political structures and resources for development. In the indigenous definitions of each of these the emergence of an "Amerindian" identity can be found and its application to everyday situations can be observed. It is the patient search to which you are now invited.

Marc-Adélard Tremblay

Les facettes de l’identité amérindienne.

Première séance

Sous la présidence
de Marc-Adélard Tremblay

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Les facettes de l’identité amérindienne.

PREMIÈRE SÉANCE
Les nouvelles prises
de conscience
Richard Arès, s.r.c. *

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Peut-être y en a-t-il parmi vous qui entendent parler, pour la première fois, de la Société royale du Canada ou qui, s'ils en ont déjà entendu parler, l'ont jusqu'ici considérée comme une assemblée de littérateurs et de poètes, de rêveurs et de savants, plus ou moins perdus dans leurs spéculations abstraites et se voulant étrangers aux problèmes concrets que doit affronter chaque jour l'homme ordinaire. Et ils doivent certainement se demander : qu'est-ce qui lui prend, à cette société, de descendre de son piédestal et de se mêler d'aborder publiquement un sujet aussi d'actualité et aussi controversé que celui du sort des Amérindiens dans notre pays ?

Tout en vous souhaitant la plus cordiale bienvenue, à titre de président de la section 1 de la Société royale, l'Académie des lettres et des sciences humaines, je voudrais d'abord répondre à cette question. Il est vrai que la Société royale s'est donné pour objectif « de contribuer au développement du savoir et de la recherche dans les arts et dans les sciences » ; mais, nulle part, il n'est dit que ce savoir et cette recherche doivent demeurer inappliqués, en d'autres termes, qu'ils ne doivent pas contribuer à l'amélioration de la vie humaine, plus particulièrement de la vie en société. C'est pourquoi la Société royale mentionne maintenant, parmi ses moyens d'action : « La tenue de colloques internationaux, nationaux et régionaux sur des sujets d'actualité importants, ordinairement de caractère interdisciplinaire ». Je dirais même plus : les problèmes auxquels se heurte l'homme d'aujourd'hui, l'homme canadien et l'homme québécois en particulier, sont tellement graves et angoissants pour l'avenir que les membres d'une société aussi riche de compétences dans à peu près tous les domaines manqueraient à leur devoir d'homme et de citoyen s'ils refusaient de contribuer par leur savoir et leurs recherches à la solution des problèmes humains qui se posent chez nous, à la solution, par exemple, des problèmes concrets de justice, de dignité et d'amitié qui troublent la paix.

Or, s'il est un problème qui, aujourd'hui, hante et inquiète la conscience canadienne, c'est bien celui du sort que nous avons, comme collectivité, réservé aux premiers habitants du pays, à ceux que l'on désigne maintenant sous le nom d'Amérindiens. Ce sort, ils l'ont enduré longtemps sans trop se plaindre, mais voici que maintenant leurs plaintes et leurs revendications retentissent par tout le pays, voici qu'ils parlent, eux aussi, de droits : de leurs droits, de dignité : de leur dignité, de liberté : de leur liberté et, pour employer le mot même inscrit au deuxième paragraphe du texte en tête de votre programme, d'« autodétermination » : de leur autodétermination, de leur « self-govemment ». Je pourrais insister là-dessus longuement ; qu'il me suffise de mentionner, pour le Québec, les revendications récentes à propos du territoire de la baie" de James et, pour l'Ouest canadien, la marche encore plus récente des Indiens sur le parlement fédéral pour l'ouverture de la session, le 30 septembre 1974.

Commentant l'affrontement alors survenu entre un groupe d'Indiens et la police fédérale, affrontement au cours duquel furent échangés des coups, un reporter de la Gazette de Montréal, après avoir rappelé certains faits qui justifient amplement les revendications indiennes, qualifiait la situation faite à nos indigènes de « national disgrace » et concluait son article par ces mots : - That's what leads so many Indians to a terrible sense of frustration. Frustration, especially among the young and impatient, breeds violence ; violence captures attention, and the attention makes violence seem expedient. That's a vicious circle that isn't going to break until and unless we find ways of restoring justice and dignity to Canada's first citizens without waiting for barricades to be raised and rocks to be thrown. - (George Radwanski, - Justified Frustration of Indians breeds violence », The Gazette, 12 octobre 1974.)

Je suis pleinement d'accord avec cette conclusion et c'est, je pense, dans le même esprit et avec la même conviction que la Société royale du Canada, par l'intermédiaire de son Académie des lettres et des sciences humaines, a appuyé financièrement la tenue du présent colloque. Son but est clairement exprimé dans le programme : non pas tant régler tous les problèmes en jeu que favoriser les échanges de points de vue entre universitaires, fonctionnaires et membres des communautés indigènes, afin de se connaître, de se comprendre et de préparer ensemble des éléments de solution aux problèmes qu'affrontent les communautés amérindiennes dans leur volonté de vivre autant que possible par elles-mêmes.

Puis-je souligner, au passage, que le présent colloque en est vraiment un de qualité, tant par la compétence des conférenciers que par la représentativité des participants et des interlocuteurs. Ils viennent surtout du Québec, mais pas uniquement. Au Québec aussi, le problème se pose et nous aurons une table ronde entièrement consacrée au sort des Amérindiens du Québec ; dans l'intervalle, cependant, vous aurez eu l'occasion d'entendre les points de vue des spécialistes venus tout exprès des autres provinces, en particulier de l'Ontario, du Manitoba et de la Saskatchewan. La tenue d'un colloque de cette importance exige, vous devez le soupçonner, beaucoup de dévouement et... d'argent ; aussi me fais-je un devoir en même temps qu'un plaisir de remercier tous ceux qui, de près ou de loin, l'ont rendu possible.

Et pour finir, les organisateurs de ce colloque n'ont rien ménagé pour vous procurer les meilleures conditions de travail, c'est à vous maintenant qu'il appartient d'en faire un succès.


Les facettes de l’identité amérindienne.

PREMIÈRE SÉANCE
The Surfacing of Native
Leadership



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